C'est le Pompéï de l'Orient. Elle faisait partie de la Décapole, car située sur les routes de la soie, de l'encens et des épices, au temps où la tropézienne n'était pas seulement un article de mode, mais aussi et surtout la seule shoes intélligente qu'on portait. Pour autant, elle ne représente pas l'une des grandes cités d'Orient qui ont fait l'histoire : c'est une ville aux proportions modestes mais que les habitants prospères et anonymes ont voulue l'égale des grandes.
On flâne parmi les ruines greco-romaines où se mélange de manière étonnante les traditions d'Orient-arabe, qui datent d'Alex the Tall One mais, construites, détruites, reconstruites jusqu'au XIIème, le site nous dévoile même des temples reconvertis en église chrétienne, mis en valeur par d'ingénieux effets de perspective.
Et pour se préparer à un prochain voyage en Ouzbékistan, on continue notre route de la soie vers une autre Décapolis : Umm Qais(ou "Gadara").
On y arrive le soir, chez Ibrahim, un gars un peu tristoune mais très sympa. On va acheter quelques oeufs, une courgette, du persil et deux - trois autres trucs à cuisiner. Après un dîner roboratif et un film américain bien naz (Ibrahim a fui son chez lui et nous a laissé la téloche avec les 190 chaines cablées), au dodo : la journée de demain s'annonce chargée.
Le site d'Umm Qais est situé sur un promontoire dominant le nord de la vallée du Jourdain, le plateau syrien du Golan et le lac de Tibériade... sauf qu'il fait un temps de m___ et qu'on ne voit rien à l'horizon, ni le ciel qui bleuoit ni le soleil qui rougeoit, mais le site est quand même très très beau, notamment son extraordinaire théâtre en pierre noire de basalte.
Vers 12h, on prend la route des châtaux de l'Est : la route est longue, les dos d'âne nombreux, au milieu du désert (j'ai légèrement rapé le dessous de la voiture un certain nombre de fois, depuis, je pile devant les dos d'âne, même en hammer) et on arrive assez tard au seul hotel du coin, qui nous fait un gentil tarif prohibitif, mais on négocie dur parce qu'il nous reste peu en poche et il n'y a pas de distributeur sous la main. Dîner : soupe de lentilles et quignon de pain.
Notre nouveau pote (Ibrahim) a appelé à l'hôtel pour savoir si on était bien arrivées... plus attentioné qu'un grand frère ! De manière générale, on trouve les jordaniens adorables : entre ceux qui montent carrément dans la voiture pour nous indiquer le chemin (qu'on largue au milieu de nul part parce que nous, parisiennes, tant de gentillesse, on trouve ça super louche : il n'avait qu'à pas monter), ceux qui ferment boutique pour qu'on les suive en voiture pour nous amèner à bonne église ou bon temple... c'est autre chose que l'Iran où on voyait débouler la police des moeurs appelée par le chauffeur parce qu'on avait pas voulu se voir multiplier par 5 le tarif convenu au départ de la course !! Les jordaniens sont tellement sympas que nous n'avons pas hésité à en prendre en auto-stop (par contre eux ont hésité à monter).
On passera la journée du lendemain à visiter les trois "châteaux" majeurs (Qsar Azraq, Qsar Amra, très joliment décoré de peintures murales, et Qsar Al Kharana) avant de retourner à Amman où on ira prendre un verre dans un lieu inattendu de débauche : genre bar super trendy parisien... on désespérait de voir des jeunes prendre un verre entre potes !!