lundi 28 décembre 2009

Suite et fin de la Jordanie

Le retour d'Israël est incomparablement plus rapide que l'aller : à 10h, nous avons déjà récupéré notre tuture et on est sur la route de Jerash.

C'est le Pompéï de l'Orient. Elle faisait partie de la Décapole, car située sur les routes de la soie, de l'encens et des épices, au temps où la tropézienne n'était pas seulement un article de mode, mais aussi et surtout la seule shoes intélligente qu'on portait. Pour autant, elle ne représente pas l'une des grandes cités d'Orient qui ont fait l'histoire : c'est une ville aux proportions modestes mais que les habitants prospères et anonymes ont voulue l'égale des grandes.

On flâne parmi les ruines greco-romaines où se mélange de manière étonnante les traditions d'Orient-arabe, qui datent d'Alex the Tall One mais, construites, détruites, reconstruites jusqu'au XIIème, le site nous dévoile même des temples reconvertis en église chrétienne, mis en valeur par d'ingénieux effets de perspective.


Et pour se préparer à un prochain voyage en Ouzbékistan, on continue notre route de la soie vers une autre Décapolis : Umm Qais(ou "Gadara").
On y arrive le soir, chez Ibrahim, un gars un peu tristoune mais très sympa. On va acheter quelques oeufs, une courgette, du persil et deux - trois autres trucs à cuisiner. Après un dîner roboratif et un film américain bien naz (Ibrahim a fui son chez lui et nous a laissé la téloche avec les 190 chaines cablées), au dodo : la journée de demain s'annonce chargée.

Le site d'Umm Qais est situé sur un promontoire dominant le nord de la vallée du Jourdain, le plateau syrien du Golan et le lac de Tibériade... sauf qu'il fait un temps de m___ et qu'on ne voit rien à l'horizon, ni le ciel qui bleuoit ni le soleil qui rougeoit, mais le site est quand même très très beau, notamment son extraordinaire théâtre en pierre noire de basalte.


Vers 12h, on prend la route des châtaux de l'Est : la route est longue, les dos d'âne nombreux, au milieu du désert (j'ai légèrement rapé le dessous de la voiture un certain nombre de fois, depuis, je pile devant les dos d'âne, même en hammer) et on arrive assez tard au seul hotel du coin, qui nous fait un gentil tarif prohibitif, mais on négocie dur parce qu'il nous reste peu en poche et il n'y a pas de distributeur sous la main. Dîner : soupe de lentilles et quignon de pain.

Notre nouveau pote (Ibrahim) a appelé à l'hôtel pour savoir si on était bien arrivées... plus attentioné qu'un grand frère ! De manière générale, on trouve les jordaniens adorables : entre ceux qui montent carrément dans la voiture pour nous indiquer le chemin (qu'on largue au milieu de nul part parce que nous, parisiennes, tant de gentillesse, on trouve ça super louche : il n'avait qu'à pas monter), ceux qui ferment boutique pour qu'on les suive en voiture pour nous amèner à bonne église ou bon temple... c'est autre chose que l'Iran où on voyait débouler la police des moeurs appelée par le chauffeur parce qu'on avait pas voulu se voir multiplier par 5 le tarif convenu au départ de la course !! Les jordaniens sont tellement sympas que nous n'avons pas hésité à en prendre en auto-stop (par contre eux ont hésité à monter).

On passera la journée du lendemain à visiter les trois "châteaux" majeurs (Qsar Azraq, Qsar Amra, très joliment décoré de peintures murales, et Qsar Al Kharana) avant de retourner à Amman où on ira prendre un verre dans un lieu inattendu de débauche : genre bar super trendy parisien... on désespérait de voir des jeunes prendre un verre entre potes !!

jeudi 24 décembre 2009

Al Quds

J'ai lancé l'idée, Isa l'a attrapée au vol, on l'a réalisée : nos visas iraniens, libanais et syriens n'auront pas raison de notre souhait d'aller passer Noël à Jérusalem. Bon, on faisait moins les malines dans le bus direction la frontière israélienne, mais qui ne tente rien n'a rien... et qui tente pourrait bien recevoir beaucoup !

On décolle donc de Wadi Mussa où on est revenues après notre tour au Wadi Rum. De là, on a envie de remonter tranquilou-bilou à Amman par la jolie route des rois qui fait découvrir le lit du Jourdain et en profiter pour s'arrêter à quelques sites intéressants comme Al Karak, Madaba... et le Mont Nebo ?... bof, non (qu'Allah nous pardonne). On loue donc une voiture à un fier à bras hyper gentil, mais qui nous prend quand même pour deux petites minettes... on renverse l'ordre des choses en commençant par lui offrir des baklawa (pâtisseries locales bien gourmandes, mieleuses à souhait) et, avec la voiture qu'il vient de nous louer, on l'amène à une boutique (pour que très gentillement il nous offre une carte de la Jordanie, qu'il ne trouvera malheureusement pas) : nous devant, lui sur la banquette arrière... qui n'arrive pas à sortir à cause de la sécurité (gros) bébé... vraiment trop drôle par rapport à la situation d'autorité qu'il a tenté d'instaurer au départ !!



A Madaba, on y voit de magnifiques mosaïques dans les petites églises du coin, avec des poissons qui remontent le courant dans l'église St George.




Arrivées à Amman, on trouve l'hôtel (contre toute attente) où on doit laisser la voiture pour les 2-3 jours d'aller-retour à Jérusalem.

Le lendemain matin, pas très sûre de prendre le bon chemin avec les différents chemins qu'on nous a conseillé pour se rendre à la frontière israélienne, on se rend à la station de bus King Hussein Bridge et nous voilà sur la route d'Al Quds !!! Dans le bus, un arménien nous dit qu'avec tous nos jolis visas, on va devoir attendre 8h au lieu de 3 au poste frontière... estimation exacte à 10mn près !

On dépose rapidement nos sacs dans une auberge de jeunesse et on commence à déambuler, le nez au vent parce que nous n'avons pas de guide... et en sortant d'une église, on se dit qu'elle était très intéressante... ben oui, c'était le St Sépulcre...

Et à part manger de délicieux falafels, on vit les trois religions :

- jeudi soir (le 24 décembre), on se rend à Abu Gosh pour une messe de minuit. On s'y retrouve de manière inattendue (c'est quand même à 15 bornes de Jérusalem), après avoir pris un bus qui nous laisse à qq km de l'église mais nous rencontrons par hasard un couple qui nous amène à une église (il y en a 4 à Abu Gosh) qui se trouve être celle que nous a conseillé notre arménien du bus de tout à l'heure. Petite église romane, avec murs peints, superbe. La messe est en français (thanks God) et les chants sont très beaux... c'est bien tout ça, mais à 2h30, perdues dans la campagne israélienne, on fait comment pour rentrer à la maison ?? Et ben on demande à un bus de touristos... qui a pile deux places pour nous, c'est aussi simple que ça ;-) A l'entrée de la vieille ville, à 3h du mat', on est passées à un interrogatoire, La Quasi Question, par 5 militaires armés jusqu'aux dents, et pourquoi aller à Abu Gosh (genre : vous savez où vous êtes ?), et comment vous êtes revenues, et à quel hôtel êtes-vous et comment s'appelle ton chien, etc.



- vendredi matin : la sortie de la prière à la porte du Lion !! Nous n'avons pu voir la Mosquée, mais on a pris un bain de foule incessant ! En voyant une photo de l'esplanade remplie le jour de la prière, on a compris pourquoi.

- vendredi soir : début du shabbat devant le mur des lamentations, hyper festif (les jeunes garçons qui y dansent le pogos et les jeunes filles qui jouent à des jeux en cercle, charmant).

A l'auberge de jeunesse, on rencontre un américain de Chicago sympathique qui nous en dit un peu plus sur la culture juive, nous donne quelques clefs de compréhension. Très intéressant.

lundi 21 décembre 2009

Des nabatéens à Lawrence


Pas vraiment rassasiées de ces beautés mais à court de temps, on décide de quitter Pétra pour aller faire un tour au Wadi Rum. L'histoire nous dira que nous avons été bien inspirées.

Après un court moment de tergiversation et quelques pita et hoummous plus loin, on opte pour l'un des tours proposés par notre hôtel : "le désert du Wadi Rum comme vous ne le verrez jamais avec une nuit sous une tente de bédouin". Yalla!!

Levées 6h du mat', les yeux bouffis de sommeil ne tardent pas à s'écarquiller : la route qu'emrpunte le bus qui nous dirige vers le Wadi Rum surplombe le site de Pétra au lever du soleil, c'est magnifiiiiiiiique !!! Et ce n'est que le début de la journée, d'accord, d'accord.

Nous découvrons une baie d'along dans un désert rouge, sur fond de ciel bleu azur, mazette, ça valait le détour !!!!



Et au détour d'un pseudo chemin, on voit la pittoresque maison de T.E. Lawrence (on y a pas trouvé les toilettes) ainsi qu'une superbe arche, sur laquelle je grimpe mais je ne faisais pas trop la maline une fois en haut...



On se glisse aussi entre deux énormes roches de 40 à 50 mètres de haut où on été conservées des écritures nabatéennes sur les roches. Isa s'y essaie, pour voir si elle s'y met en rentrant à Paris, maintenant qu'elle maîtrise à fond le farsi.



Après une journée bien remplie de découverte sous un soleil radieux et avec un chauffeur rigolo comme tout, on se retrouve dans une bonne petite famille de bédouin pour un dîner ma foi fort bon et sympathique et une nuitée à se peler sous 3 couettes et 6 couvertures.




Le lendemain, Allah nous offre encore d'une superbe journée, dès le au saut du lit (façon de parler puisque on a dormi sur une natte), same same, but different.



Le temps se gâte : à la sortie du désert, il commence à pleuvoir, il est temps de rentrer à Wadi Mussa pour préparer la suite de notre périple...

samedi 19 décembre 2009

A la découverte de Pétra !!!

La curiosité nous démange : dès le lendemain de notre arrivée à Amman , on prend un bus direction Pétra !! yoooo-oooooo !! Et c'est parti pour 1 semaine et demi de découvertes, d'aventures inattendues !!




En 2h, par l'autoroute du pays, hop c'est plié, on y est déjà, après un peu de baby sitting à la pause pipi (premier pas vers l'intégration).



Arrivées près de Pétra et après un tour dans un hôtel où on nous prend pour des touristes, on dépose nos sacs dans un hôtel tout aussi miteux mais trois fois moins cher, que vient de reprendre une anglaise très sympa avec son ami jordanien.... et à 12h, on découvre, émerveillées, sur lieu, sur place, sur site, Pétra !!



On foule la terre des nabatéens dont on entend tant parler... wouaou et re-waou, que d'émotions !!! On s'imprègne de l'histoire de la cité, de ce point de convergence millénaire entre routes et traditions culturelles des grandes civilisations occidentales et orientales du Bassin méditérannéen, de ce mélange d'influences essentiellement égyptiennes et héllenistiques sur fond de traditions indigènes arabo-sémitiques... qui a donné un truc bizarre pas dégueu du tout appelé "architecture nabatéenne".

Et il 'n'y a presque personne : ça nous donne une petite impression de découvrir le site par nous-même, c'est magique, surtout au levé du soleil et à son coucher, avec le grés de Nibie qui flamboie de toutes ses couleurs : rose, ocre, vert, blanc, bleu, noir, rouge,... Le vent a effrité la roche si bien que ça me donne l'impression d'être devant un tableau gigantesque à moitié effacé par un coup de pinceau, c'est un sentiment fantastique au sens propre du terme.




Et il fait beau, il fait chaud... les conditions idéales : ce sont deux jours et demi de pur régal (on peut largement y passer 5 jours !).


Quel plaisir de se reposer devant ces temples majesteux de simplicité situés en hauteur de la cité (El Deir) ou bien en surplomb du Trésor La Khazneh.... plaisir agrémenté de bonnes courbatures pour la semaine à suivre.